Le rāhui de Tautira de nouveau ouvert dans des conditions strictes. 260 pêcheurs avaient affuté leurs cannes et préparé leurs fusils pour répondre présent au rendez-vous, jeudi et vendredi. Cette pratique ancestrale, qui consiste à interdire la pêche dans une zone définie pendant un temps, permet à la faune de se régénérer. La commune de Tautira estime que plus de 5 000 poissons ont été pêchés durant ces deux jours. La population était au rendez-vous dans une ambiance festive. La prochaine ouverture du rāhui est prévue en 2027.
Instauré en novembre 2018, levé une première fois en 2023, le rāhui de Tautira a de nouveau ouvert pour deux matinées. Quelques heures ont suffi pour offrir aux pêcheurs de belles prises, uniquement à la ligne et au fusil, dans des conditions strictement encadrées. Cette ouverture a aussi permis de constater que les poissons étaient plus nombreux et en grande forme. Le maire se félicite. Le rāhui a été ouvert jeudi et samedi dernier à Tautira. Pendant ces deux matinées, 350 pêcheurs et 54 bateaux ont été recensés sur le plan d'eau. Instauré en 2018, le rāhui de Tautira a été ouvert à la pêche pour la seconde fois, après 2023. Les résultats sont sans appel. "En 2023, la taille minimum était de 15 centimètres. Cette année, la taille minimum était de 18 centimètres. On voit la différence, comment les poissons ont grandi en deux ans. Chez d'autres espèces c'est pareil. Elles sont revenues en masse. I'ihi, 'ume, paihere, o'eo, nanue, maito... Avant le rāhui, ces espèces étaient rares et maintenant elles sont en quantité dans cette zone" constate Ueva Hamblin, maire délégué de la commune et président du comité du rāhui de Tautira. (…) L'ouverture du rāhui se fait dans des conditions strictes. Seules les pêches à la ligne et au fusil sont autorisées. (…). L'événement a été rigoureusement encadré par la Direction des ressources marines, avec un pointage précis des bateaux et des pêcheurs, ainsi qu’une surveillance renforcée en mer. (…). Après chaque journée de pêche, les participants ont l'obligation de recenser leur prise auprès de la mairie. Si la Direction des ressources marines et le rāhui center n’ont pas encore publié de chiffres officiels, la commune de Tautira estime que plus de 5 000 poissons ont été pêchés durant ces deux jours. La prochaine ouverture du rāhui est prévue en 2027.
Cinq mille poissons pêchés pendant l'ouverture du rāhui à Tautira (Polynésie 1ère)
Pour la deuxième fois depuis son instauration en 2019, le Rahui a été levé, ce jeudi, à Tautira. La première ouverture en 2023 avait permis la capture de plus d’une tonne de poissons. Ce mardi, 260 pêcheurs avaient affuté leurs cannes et préparé leurs fusils pour répondre présent au rendez-vous. (…). « Cette journée est placée sous l’angle d’un événement festif, qui est organisée par le Comité de gestion et par la commune. L’idée, c’est de rassembler la communauté du Tautira autour de ce Rahui, pour qu’elle prenne bien conscience que c’est son Rahui, son garde-manger », explique Gabriel Sao Chan Cheong, le Chef de la cellule gestion et préservation des ressources à la Direction des Ressources Marines. Bien qu’ouvert, des règles strictes sont imposées sur le plan d’eau. Les pêcheurs doivent rester sur deux zones délimitées et doivent utiliser le fusil ou la ligne. Seuls les poissons peuvent être sortis de l’eau. Des restrictions qui ne gâchent pas le plaisir des pêcheurs. (…). Tous ont pu profiter de l’événement jusqu’à 13 heures avant de prendre le chemin de la mairie pour recenser les espèces pêchées et les comptabiliser. Si certains étaient venus pour la simple découverte, d’autres souhaitaient observer les bienfaits du Rahui sur la biodiversité. (…)
Plus de 250 pêcheurs présents à Tautira pour la levée du Rahui (TNTV)
Deux demi-journées d’ouverture encadrée de la zone de pêche réglementée (ZPR) de Tautira ont été approuvées par le comité de gestion, jeudi 27 et samedi 29 mars. Ce jeudi matin, la population de Tautira était au rendez-vous dans une ambiance festive qui s’est prolongée jusqu’au retour des 205 pêcheurs et 56 bateaux, en début d’après-midi, pour le comptage des prises nombreuses et de belle taille. La mairie de Tautira était en effervescence, ce jeudi, pour la première matinée d’ouverture encadrée du rāhui de Tautira. Rendez-vous avait été donné dès 7 heures pour valider la participation des pêcheurs inscrits. (…) La cérémonie d’ouverture s’est faite au son des percussions et des chants des élèves de l’école élémentaire Raiarii Tane, intégrés à l’événement à travers une journée culturelle. “Le rāhui, qui ne date pas d’aujourd’hui, est très important pour notre avenir. Le message de la nouvelle génération, c’est de pêcher ce dont on a besoin et de respecter la réglementation”, souligne John Chin, enseignant en CM1-CM2, comptant parmi les référents de l’aire marine éducative (AME) de Tautira. Les échanges se sont poursuivis à travers des ateliers animés par des personnes-ressources autour des nœuds de navigation, de la préparation des hameçons, des produits locaux ou encore de la sécurité en mer. Les élèves du Centre des jeunes adolescents (CJA) de Tautira se sont joints à l’initiative à travers une exposition rappelant les principes du rāhui, l’occasion de présenter leurs créations artisanales et artistiques. (…)
Ouverture exceptionnelle du rāhui de Tautira (Tahiti Infos)
(…) Alors qu'il est question de préservation des océans avec l'événement Tiaki Moana depuis le début de la semaine, la conférence Te Reo o te Moana doit se tenir à la présidence ce vendredi. Dans ce cadre, le président de la Fédération des comités des rāhui est venu parler de cette pratique ancestrale, et des projets alternatifs envisagés pour les pêcheurs.
Comment préserver les ressources marines ? En Polynésie, elles font vivre de nombreuses familles. Le rāhui est une pratique ancestrale, qui consiste à interdire la pêche dans une zone définie pendant un temps pour permettre à la faune de se régénérer. Mais cette règle n'arrange pas certains pêcheurs... La fédération des comités des rāhui, créée en octobre 2023, "Te marae mo'a" travaille donc sur des solutions depuis plusieurs années pour proposer des alternatives aux pêcheurs pendant les périodes d'interdiction de pêche, grâce à l'élevage de rori par exemple, le développement touristique dans le domaine de la pêche ou encore l'aquaculture. (…) Des alternatives qui permettraient même "de dire qu'on ne va plus pêcher la nuit sur toutes les zones -pas seulement les rāhui parce qu'on aura trouvé des revenus pour ces pêcheurs-là", avance le président de la fédération. (…). Ces alternatives permettraient aussi de limiter les infractions. Clément Vergnhes estime "à 15% de gens qui ne respectent pas le rāhui. On alerte le gouvernement de nous donner des moyens de surveillance. Si on n'est pas aidés à appliquer cette surveillance, au bout d'un moment, les 85% vont hésiter à mettre en place ce rāhui. Après, il ne suffit pas d'avoir les moyens... Une fois que tu as surveillé, tu as pris en flagrant délit un pêcheur qui a fraudé, derrière ça ne suit pas... Les gens restent impunis. C'est tout ça qu'on veut mettre en place, pour que demain ces procédures soient facilitées. Au bout d'un moment il faut que le Pays et l'Etat fassent appliquer des sanctions". Selon le président de la fédération, les comités sont prêts à participer à la surveillance mais ils manquent de moyens, non seulement financiers mais aussi humains. La fondation Pew Bertarelli, coorganisateur de Tiaki Moana 2025, lui a versé cinq millions xpf. C'est toujours ça de pris, mais "ce n'est jamais suffisant (...) Tous ces sujets sont au cœur des discussions depuis le début de la semaine. Ce vendredi à la présidence, la fédération aura de nouveau l'occasion de faire entendre sa voix lors de la conférence Te Reo o te Moana. (...).
Rāhui : le rori et l'aquaculture, des alternatives pour les pêcheurs en période d'interdiction (Polynésie 1ère)