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La transition écologique, avec ses questions et ses réponses : Lutte contre l’érosion des plages, cuisson ‘solaire’, recyclage des contenants importés, projet de zone économique contesté, Journée du cocotier, création d’une chaire internationale de recherche sur les grands fonds marins en Polynésie française...

 

 



# Lutter contre l’érosion des plages grâce à des plantes indigènes, c’est tout l’objectif du projet Faatura te Tahatai. Pour leur dernière action hier à Teahupoo, 24 jeunes du lycée agricole John Doom de Taravao ont participé à la restauration du littoral du Fare Mahora, hébergement bien connu des surfeurs, face à la mythique vague de Havae, en plantant des arbres endémiques.
Planter des arbres au lieu de construire des murs pour protéger les plages. À Teahupoo, face à la vague mythique, Jean Baptiste Teotahi, élève de terminale GMNF (gestion des milieux naturel et de la faune), creuse des trous avec ses camarades du lycée agricole de Taravao. Sur 100 mètres, ils ont planté 140 plants d’espèces endémiques comme le pohue miti, le naupata, le miro et le hotu.
(…) Le projet Faatura te Tahatai est une action concrète pour les lycéens de John Doom, qui y participent depuis 2024. « Le fait de restaurer un littoral, de planter vraiment des plantes adaptées et par strates, c’est vraiment la notion qu’on a voulu transmettre aujourd’hui, qu’ils s’approprient, parce que c’est quand même une formation professionnelle », précise Valérie Tchung, professeure de la filière GMNF. Un projet mené en partenariat par le comité français de l’UICN, la FAPE Te Ora Naho, Te Mana o te Moana et la Tahitian historical society.  (…) Un protocole et des plantes endémiques à retrouver au lycée John Doom de Taravao le 30 septembre. Ils seront distribués gratuitement pour clôturer le projet Faatura te Tahatai.

Le lycée agricole John Doom de Taravao participe à la restauration du littoral de Teahupoo (Polynésie 1ère)



# Les jardins de la Pointe Vénus ont accueilli le week-end dernier un événement dédié à la cuisine solaire. Près de 600 personnes y ont assisté.
Le public s’est pressé ce week-end pour découvrir les installations développées par Brico-Lab et comprendre le fonctionnement de ces cuisinières solaires, une technologie simple mais qui reste une nouveauté pour beaucoup de visiteurs. Point fort de l’événement, des démonstrations de cuisson en direct : po’e banane, fondant au chocolat, taro, saucisses et cochon ont ainsi mijoté sous le regard attentif des visiteurs, avant d’être proposés en dégustation gratuite. Une manière concrète de prouver l’efficacité de ces fours, bien loin des idées reçues sur les limites de la cuisson solaire.

Énergie solaire : le four écologique conquiert le public polynésien (TNTV)



# La petite république de Palau a développé un système permettant de recycler 80 % des contenants importés. Le plastique est transformé en carburant, tandis que le verre connaît une seconde vie entre les mains d’artisans locaux. Un modèle à taille humaine qui pourrait inspirer la Polynésie.
Dans les îles, la gestion des déchets demeure un véritable casse-tête. Palau a choisi une formule originale pour encourager le tri et développer le recyclage localement, tout en créant des emplois.
Chaque canette ou bouteille importée dans l’archipel est taxée 10 cents afin de financer son recyclage, qu’elle soit en verre, en plastique ou en aluminium. Les habitants qui rapportent leurs contenants au centre de tri reçoivent ensuite 5 cents par emballage. Une organisation qui a progressivement ancré le tri dans les habitudes des Palauans.
L’aluminium collecté est transféré en Asie, tandis que le plastique est valorisé directement sur place. Il est chauffé afin de produire un carburant utilisé pour alimenter le générateur du centre de recyclage.
(…)  Ce carburant sert également à faire fonctionner des engins de chantier. Le verre, lui, est transformé dans un atelier où une formatrice japonaise transmet les techniques du soufflage aux artisans palauans. À l’intérieur, les fours atteignent une température de plus de 1 100 °C. (…). Le verre peut être recyclé à 100 %, grâce à une succession d’étapes d’enfournage, de sculpture et de refroidissement. Pour fabriquer certains objets creux, l’artisan souffle dans un tube en métal. Un verrier expérimenté peut ainsi produire jusqu’à 30 ou 40 pièces par jour. (…)  Assiettes, verres, boucles d’oreilles, noix de coco translucides ou encore espadons bleutés : les déchets deviennent des objets décoratifs ou des œuvres d’art, ensuite vendus aux touristes comme souvenirs.
À l’issue du Forum des îles du Pacifique, organisé à Palau, le président du Pays, Moetai Brotherson, a visité cette entreprise imaginée par un ingénieur japonais. La petite usine parvient à récupérer et à recycler 80 % des contenants importés. Un dispositif conçu pour une population de 18 000 habitants et qui pourrait, selon lui, répondre aux contraintes rencontrées en Polynésie.

À Palau, les déchets transformés en carburant et en œuvres d’art (TNTV)

Pour réflexion : Sollicité par le site Atlantico, l’auteur de ce blog a répondu à trois questions sur le recyclage du plastique et ses liens avec les politiques publiques. Il reproduit dans cet article le texte de cet entretien qu’on peut également trouver sur le site d’Atlantico, sous le titre  Et si le recyclage était… pire pour la planète que l’enfouissement de déchets mais entrecoupé d’affirmations “qui ne reflètent pas mon diagnostic”, précise-il toutefois.

Les plastiques et leurs recyclages : attention aux simplifications ! (christiandeperthuis.fr)


# Un projet d'aménagement routier suscite de vives inquiétudes au cœur de la vallée de Titaaviri, à Papeari. En cause : le tracé d'une nouvelle voie de circulation desservant une zone industrielle, qui traverserait de part en part l'exploitation porcine.
Saisi pour évaluer la situation d’un projet routier visant à desservir une zone industrielle et qui traverserait une exploitation porcine de part en part, à Papeari, le Groupement de défense sanitaire animal de Polynésie française (GDS-A PF) vient de rendre un avis technique particulièrement défavorable, pointant des risques sanitaires, économiques et zootechniques majeurs. Avec une capacité d'environ 200 truies reproductrices, cette structure constitue un maillon de la filière porcine locale et de l'approvisionnement de l'abattoir territorial. Or, pour les experts du GDS-A PF, l'implantation d'un axe routier au milieu des installations rompt l'équilibre sanitaire et opérationnel de l'exploitation.
Jusqu'alors préservé par son isolement au fond de la vallée de Titaaviri, l'élevage se verrait exposé à un flux de véhicules et de personnes extérieures. Ce va-et-vient accru augmenterait considérablement le risque d'introduction de pathogènes – véhiculés par les pneus, les chaussures ou des déchets alimentaires. Une crise sanitaire à cet endroit aurait des répercussions immédiates sur la production de viande locale, alerte la GDA-A PF.  Au-delà de la menace infectieuse, l’organisme alerte sur les nuisances sonores générées par le trafic vers la zone industrielle.
(…)  Actuellement scindée entre un atelier de maternité à Papeno’o et des ateliers d'engraissement à Papeari, l'exploitation prévoyait de tout regrouper sur le site de Titaaviri afin de supprimer les transports de porcelets entre les deux communes.
(…)  Dans ses conclusions signées par sa directrice et vétérinaire, Joséphine Malafesse, le GDS-A PF estime que le projet de voie de circulation porterait un coup dur à la biosécurité, au bien-être animal et à l'avenir même de cette exploitation.

Un projet de route menace un élevage porcin (Tahiti Infos)

Dans la vallée de Tita'aviri, un projet de zone économique inquiète les agriculteurs. Quel avenir pour leurs terres et leurs activités si le projet voit le jour ?
Poema Lai Ah Che tient depuis 5 ans un élevage de porcs. Celui-ci a été hérité de son père qui l'a maintenu depuis 40 belles années. Suite à l'annonce du projet de zone économique à Tita'aviri, elle ne peut cacher son inquiétude. En effet, l'une des routes qui sera aménagée dans la vallée pourrait bien empiéter sur sa propriété. Pour elle, impossible de céder une partie de son terrain, notamment pour des raisons sanitaires.
"Nous, on prend des précautions là-dessus. Les gens qui arrivent chez nous, on les contraint normalement à porter des tenues adaptées, à avoir des bottes désinfectées, se laver les mains etc.", explique la jeune éleveuse. "Donc ce n’est pas pour voir une route juste à côté avec des véhicules qui vont traverser de part en part".
(…). Porté par Éric Malmezac, ce projet a le soutien de la commune de Papeari, mais aussi du pays. La mairie de Tavaiuta se veut tout de même rassurante. Elle assure que cette zone économique n'est qu'un avant-projet et que pour l'instant, rien de concret n'a été établi. Des modifications pourraient avoir lieu. La mairie veut d'abord aller à la rencontre de l'ensemble des habitants concernés afin de trouver un terrain d'entente.

Projet de zone économique à Papeari : une initiative qui inquiète les agriculteurs (Polynésie 1ère)

Le projet d’Écoparc de Titaaviri* ne fait pas l’unanimité parmi les éleveurs et les maraîchers de la vallée. Le programme prévoit notamment la création d’une route susceptible de traverser certaines exploitations. Si rien n’est encore acté, les professionnels dénoncent le lancement d’un projet sans concertation préalable et mettent en garde contre un aménagement qui pourrait mettre leur activité en péril.
C’est en découvrant une vidéo relayée par le gouvernement que Poema Lai Ah Che Ressiguier a pris la mesure du projet d’Écoparc de Titaaviri. Gérante de l’unique exploitation porcine de la vallée, elle s’inquiète de ce vaste pôle de développement industriel, agricole et touristique envisagé sur plus de 1 400 hectares
(…). C’est surtout le tracé d’une route à travers son exploitation porcine qui suscite son inquiétude. Une crainte appuyée par le Groupement de défense sanitaire de Polynésie française dans un avis technique. (…)  La professionnelle redoute notamment que les déplacements à proximité de ses animaux ne favorisent l’introduction de maladies au sein de l’élevage.
Du côté du porteur du projet, Éric Malmezac assure que rien n’est encore arrêté et que le tracé pourra être revu en cas de désaccord avec les propriétaires concernés.
(…) Au-delà des éleveurs, les maraîchers de la vallée sont également concernés. À leurs yeux, ce projet va à contre-courant des ambitions de souveraineté alimentaire affichées par le Pays.

« Est-ce que notre voix compte ? » : l’Écoparc de Titaaviri inquiète les éleveurs (TNTV)

* Pour info: L'écoparc de Titaaviri constitue un ensemble foncier cohérent de 1 447 hectares, maîtrisé à hauteur de près de 93 % par la puissance publique et les opérateurs de la vallée, ouvert directement sur la route de ceinture au sud de Tahiti. Le groupement conduit par Tahiti Agrégats y structure un pôle de développement articulé autour de trois vocations complémentaires — industrielle (matériaux durables, énergies renouvelables, logistique), agricole (agro-transformation et autosuffisance) et touristique (valorisation du patrimoine naturel**): Écoparc de Titaaviri (ecoparc-titaaviri.com)

** Au fond de la vallée Titaaviri à Papeari, le grand barrage hydroélectrique pyramidal et son beau lac est devenu une attraction insolite et un parcours de randonnée très apprécié car très facile. La vallée offre aussi d'autres sites de baignades très agréables. : Nos randonnées:TITAAVIRI (moanaiti.blogspot.com)



# À Raiatea, le cocotier sera célébré comme il se doit. Le 2 septembre prochain, la commune de Faaroa accueillera la deuxième édition de la Journée du cocotier. Un rendez-vous placé sous le signe de la découverte, de la pédagogie et de la valorisation de ce véritable arbre de vie.
Après une première édition couronnée de succès, Tihoti Tarua et ses partenaires remettent le couvert. La Journée du cocotier revient, et cette fois, c’est dans le champ semencier de la direction de l’Agriculture, à Faaroa, que les festivités prendront place. Un site peu connu du grand public, mais ô combien stratégique. « La plupart des gens ne savent pas qu’à Raiatea il y a le seul semencier de champ de cocotier de la Polynésie française qui a pu repeupler, replanter dans les Tuamotu », explique Tahia Tefaatau de Tihoti Tarua.
Cette année, l’événement prend de l’ampleur. Plus de 30 ateliers sont annoncés, soit le double de l’année passé. Des entreprises locales viendront montrer comment tirer parti de chaque élément du cocotier. (…)

Le 2 septembre, Raiatea fêtera la journée du cocotier (TNTV)

Le Festival du cocotier s’est achevé à Raiatea sur un bilan positif. Pour cette troisième et dernière journée consacrée à la jeunesse, plusieurs centaines d’élèves ont découvert les usages du cocotier et se sont initiés aux activités traditionnelles.
Des écoles primaires jusqu’au collège, plusieurs centaines d’élèves ont arpenté les allées du village du Festival du cocotier, à Raiatea. Pour cette dernière journée, les organisateurs avaient choisi de placer la jeunesse au cœur de l’événement.
Loin de se limiter aux démonstrations, les scolaires ont été invités à participer aux activités, guidés notamment par les animateurs des sports traditionnels. Une classe découverte grandeur nature qui a permis aux enseignants d’illustrer concrètement les thématiques étudiées en cours, parmi lesquelles l’exploitation du cocotier sous toutes ses formes.
(…) Du côté des enfants, le message semble avoir été bien assimilé. « Le coco, c’est bon ! Tellement que tu as envie d’en boire tous les jours », s’est enthousiasmé un élève.
Les plus grands ont, quant à eux, pris la direction de l’eau pour s’initier au va’a. Entre transmission culturelle, découverte de l’agriculture locale et engouement populaire, les organisateurs dressent un bilan très positif de cette édition. (…)

Le Festival du cocotier s’achève après trois jours de transmission et de découvertes (TNTV)




# Fin juin, Catherine Chabaud, la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, annonçait* la création d’une chaire internationale de recherche sur les grands fonds marins en Polynésie française. Financée par l’État, à travers l’Ifremer, et le Pays, elle doit permettre 𝐮𝐧𝐞 𝐦𝐞𝐢𝐥𝐥𝐞𝐮𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐞𝐫𝐯𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐞́𝐜𝐨𝐬𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐦𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐫𝐢𝐧𝐬, 𝐧𝐨𝐭𝐚𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐬. La directrice de l’Ifremer, Isabelle Forge-Allegret, confirme que cette chaire, d’une durée de cinq ans, sera lancée cette année.
- Radio 1: Quels sont les objectifs de la chaire internationale de recherche sur les grands fonds marins ?
- Isabelle Forge-Allegret : Il s’agit de mieux comprendre la dynamique de la biodiversité profonde dans le Pacifique dans un contexte de dérèglement climatique. La chaire doit être mise en place d’ici la fin de cette année. Des financements de l’État, c’est-à-dire de l’Ifremer, et du Pays ont été mobilisés. Aujourd’hui, nous devons acquérir des connaissances sur les grands fonds marins et donc avoir des moyens pour les explorer. Ce projet de chaire s’articule autour d’un scientifique leader, avec une équipe de scientifiques autour de lui. Cette chaire reste connectée au territoire, à nos partenaires et aux équipes Ifremer existantes, elle va s’ancrer sur ce qu’on fait déjà. C’est finalement la poursuite du travail de l’Ifremer depuis cinquante ans : être aux côtés du Pays et l’accompagner sur les grandes problématiques.
(…)

« Explorer et connaître » : la chaire sur les grands fonds marins lancée cette année (Radio 1)

* Pour rappel : Visite en Polynésie de la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche (AvA-Infos)

 

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